vendredi 30 novembre 2018

Furoshikis

    Quand j'ai vu que la Mairie avait installé un paquet cadeau japonais géant sur le parvis de l'Hôtel de Ville, que ce paquet cadeau se visitait et contenait d'autres paquets cadeaux japonais, je me suis dit c'est diabolique, "ils" viennent d'inventer le "piège à bobos" ultime... Quel esprit machiavélique a pu accoucher d'un tel traquenard, qu'est ce qui attend là-bas le bobo naïf dont la curiosité fait parfois oublier les dangers de la jungle urbaine ?
 
A l'intérieur d'un Furoshiki
   Un coup d'oeil rapide sur le calendrier pour m'assurer qu'on n'était pas sur un revival de la Saint-Barthélemy avec les bobos en lieu et place des Huguenots, et je saute dans le premier métro, direction l'Hôtel de Ville pour pouvoir écrire un jour "Le furoshiki géant en 2018, j'y étais".
 
    Ambiance "kojo no tsuki à Paris!" c'est parti...
 
Il y vraiment un paquet cadeau géant sur le parvis

L'attente

     Malgré le froid et la pluie, de nombreux curieux patientent déjà sur place. J'estime à pas plus de trente minutes l'attente, et je prends place dans une file, comme souvent ici calme et disciplinée, ce qui épate toujours un peu le méditerranéen que je suis. Pour faire patienter, les organisateurs distribuent des journaux qui racontent le concept ancestral du furoshiki, son coté réutilisable donc écolo. 

     On trouve même en annexe la galerie des nombreuses statues ornant les façades de l'Hôtel de Ville, et qui portent au bras un furoshiki pour l'occasion. Il en fallait pas plus pour activer le "monsieur je sais tout" qui a pris place sournoisement juste derrière moi.  

 
 
      Ce gars qui sait tout et mieux que les autres vous le connaissez. Vous le croisez peut- être lors des réunions familiales, ou encore à la machine à café du bureau. Vous le rencontrez souvent lors des visites guidées de lieux historiques, c'est celui qui essaye de prendre systématiquement en défaut la jeune guide tentant de concilier passion et travail pour financer ses études en Histoire de l'Art : "Vous parlez de mâchicoulis pour un château du huitième siècle ? Ça me semble fantaisiste..." 
 
Une bonne demi-heure avant de pénétrer le Graal
     Je reviens au gars derrière moi qui va s'essayer à épater la galerie en commentant les statues des façades. Le souci est que celle qui semble être sa compagne a pour ami Google, et qu'elle va prendre un plaisir certain à le contredire jusqu'à l'agacer, à base de "Tu dis n'importe quoi Alain, il était avocat Ledru Rollin..". Merci à eux, la demi-heure est passée très vite, et j'ai enfin pu faire mes premiers pas à l'intérieur d'un paquet cadeau...
 
 
Dans le journal la liste des statues des façades, une pépite pour faire rager beau papa au Trivial Pursuit

Les Furoshikis  

    Vous l'avez sans doute remarqué, depuis quelques mois l'Empire du Soleil Levant est à l'honneur: l'année 2018 célèbre un siècle et demi de relations avec le Japon qui s'est ouvert à l'occident sous l'ère Meiji. Aussi jusqu'en février 2019 la culture nippone va poser ses valises à Paris, avec à la clé des dizaines d'évènements dont ces mystérieux Furoshikis

     Mais comme on dit à Tokyo:  "Furoshikis, kezako?"

A l'intérieur du paquet cadeau, les mystérieux Furoshikis
   J'ai beau être un grand fan de cette culture nippone entre tradition et modernisme, avoir eu la chance être allé au Japon en modes pro et perso, avoir longtemps essayé de comprendre pourquoi le siège d'Actarus pivote deux fois sur lui-même lors du transfert dans le Goldorak; je dois confesser que je ne connaissais pas les furoshikis, ou l'art d'emballer et de nouer les objets dans des tissus colorés.

Furoshiki déplié
      C'est donc le premier eco-bag, dont l'origine remonte à la nuit des temps. Aujourd'hui il est plus employé pour emballer et décorer les cadeaux. Il y a évidemment autant de techniques que de formes d'objets, selon que l'on offre une bouteille, des fringues, des pâtisseries...


   Une fois à l'intérieur du paquet cadeau, la visite consiste à déambuler parmi des furoshikis qui ont été créés pour l'occasion par des artistes et des intellectuels; j'ai retenu Jean Paul Gaultier et Agnes B.

    Il serait exagéré de prétendre que le coté traditionnel et écologique de la chose m'ait vraiment transcendé, mais avec toutes ces couleurs la balade reste des plus esthétiques.
On peut même apprendre à concevoir des Furoshikis, histoire au repas de Noel de soigner le gap culturel avec le beau-frère qui est plus branché bagnoles de luxe...
   A suivre du Cubisme, des illuminations, et une balade automnale dans le Bois de Vincennes sur fond de Guerre de Cent Ans.  Sombre période qui, au passage, a connu entres autres la grande jacquerie, cette révolte paysanne que certains comparent (à mon sens en sous-estimant la situation) à la grogne sociale qui est en train de gagner tout le pays.

    Arrigato  Gozaimaasss !

     N.  
 

lundi 19 novembre 2018

Le Salon Fantastique

    On ne saura jamais si Scott Summers, Ororo Munroe ou encore Matt Murdock ont revêtu le costume une dernière fois pour aider Stan Lee dans son ultime combat. Le génial créateur de l'univers Marvel nous a hélas quitté au lendemain de la Comic Con à Paris,  il avait réussi dans les années 70 à complètement revamper le mythe du super héros, en prêtant vie à des personnages nuancés et consistants.


Potion magique
   Ces nouveaux super héros étaient, pour la grande majorité, des accidentés de la vie qui devaient faire avec leur différence, loin d'un Superman ultra lisse qui, au passage, a tout pompé au mythe de Zorro (et au monde du catch côté  fringues). Encore que Zorro avait un masque pour protéger sa véritable identité; Clark Kent, lui, se sert d'une simple paire de lunette. Je suis vachement moins doué que lui, car le jour où je me suis pointé au taf avec des lunettes tout le monde m'a reconnu.


Bienvenue au Salon Fantastique 
   Bon cela dit, le départ de Stan Lee, aussi triste soit-il, n'est pas l'objet de cet article. Dans la foulée de la Comic Con nous avons eu droit au Salon Fantastique qui s'essaye à promouvoir les cultures de l'imaginaire. Geeks et doux rêveurs se sont donc donnés rendez-vous à l'Espace Champerret le temps d'un week-end pour célébrer l'Heroic Fantasy dans les grandes largeurs.
 
   Ambiance "Qui m'a encore taxé mes nouveaux dés-de-dix marbrés?" c'est parti..


Gros succès pour la 6ième édition du salon qui monte

Le Salon Fantastique 2018

    Si vous cherchez la définition du mot bienveillance alors il faut aller une fois au Salon Fantastique. Il règne ici une véritable osmose entre passionnés des mondes imaginaires, et s'il fallait l'illustrer je parlerais juste de ces gars qui avaient une entrée en plus suite à un désistement, et qui attendaient sagement devant l'entrée juste pour pouvoir la donner et faire profiter, se vexant presque lorsqu'on a voulu la leur payer. 


Comme souvent les cosplays sont de la partie
  Il règne donc un grand respect, aussi bien entre visiteurs qu'avec les nombreux exposants. En comparaison je suis passé en coup de vent  dans les jours qui ont suivi au salon Marjolaine non loin de chez moi au Parc Floral, salon qui se veut la rolls du bio, de l'équitable, de la slow life, du vivre mieux, blablabla… Et bien ça été un véritable choc thermique:  bousculades dans les allées, exposants qui font la gueule, ventes à marche forcée… j'encourage fortement ces gens, qui sont parfois donneur de leçons, à aller faire un tour au Salon Fantastique pour respirer un peu du vivre ensemble.


Ne l'invitez pas chez vous, ou mangez de l'ail avant
   Au Salon Fantastique si vous venez déguisés vous ne payez pas l'entrée. Je pense que cela aide ceux qui rêvent de le faire mais qui n'osent pas, à franchir le pas. Et même s'il n'y a aucune comparaison possible avec la Japan en terme d'affluence, je mettrai ma main au feu qu'en pourcentage il y a plus de visiteurs déguisés au Salon Fantastique.


Cosplays
     Il faut savoir que photographier des cosplays est tout un  cérémonial: il faut leur demander l'autorisation poliment, s'ils refusent ne pas insister (ça ne m'est jamais arrivé, mais ils ont parfois  leurs têtes et leurs humeurs), et bien sûr à la fin il ne faut pas oublier de les remercier, on a souvent droit d'ailleurs à un salut solennel et théâtral. 


Bon, en invité de prestige ils n'ont pas eu Dark Vador mais le gars qui était dans la costume à l'écran; ok c'est pas San Diego..
   Au delà des cosplays, l'intérêt du salon c'est surtout de se remettre à niveau en matière d'Heroic Fantasy, même si c'est le courant Steam Punk qui balaye tout depuis quelques années.  Steam Punk c'est un monde (littérature, fringues, jeux, mais aussi des bars et des lieux de sorties) inspiré fortement de la révolution industrielle et des romans de Jules Vernes. Vous imaginez à quoi pourrait ressembler l'intérieur du Nautilus ? Oui ? Alors bienvenue dans l'univers Steam Punk...


Quel est ce drôle de wargame, avec des figurines blanches et noires si peu travaillées…
   Concernant les quelques deux cents exposants, outre les éditeurs et les graphistes on peut trouver toute une série d'artisans (costumiers, chapeliers, tatoueurs, maîtres d'armes et plein d'autres..) qui gravitent autour de l'univers des mondes de l'imaginaire.


200 exposants plutôt talentueux dans des domaines très variés
     Mention spéciale à ce vendeur de filtres et de potions qui est sur toutes les manifestations qui tournent autour de l'heroic fantasy, et même de l'histoire, la vraie. Le gars m'a fait beaucoup rire ,et je lui ai évidemment pris un élixir de sorcière dont je n'hésiterai pas à me servir, vous voilà prévenus.


Je pense que la succube était sa fille, elle a mis une sacrée ambiance dans les allées
   Enfin pour finir on ne peut pas parler Contrées de l'Imaginaire sans aborder le domaine du jeu. Au salon des tables de jeux (roleplay, wargames...) se montent partout, il suffit de quelques règles, de dés de toutes formes et couleurs, d'un crayon a papier, et le voyage peut commencer. Tous les courants sont représentés: l'heroic fantasy qui s'inspire aussi bien des oeuvres de Tolkien que des contes et légendes, les univers torturés tirés des oeuvres de Lovecraft, et bien sur le fameux Steam Punk qui m'interroge. 


Silence, on joue
    Au final un excellent après midi au pays de ceux qui aiment voyager dans les univers parallèles histoire d'échapper un peu à la sinistrose ambiante. Je ne suis pas certain de faire la Japan ou la Comic Con en 2019, mais si je suis dans le coin je retournerai avec grand plaisir à la prochaine édition du Salon Fantastique.


Home Sweet Home, avec mon Elixir ha ha ha…
   A suivre un article sur les mysterieux Furoshikis, une balade aux couleurs de l'automne  dans le bois de Vincennes, et sans doute les maîtres du Cubisme à Beaubourg.

   Bonne semaine

   N.

samedi 10 novembre 2018

Comic Con 2018

   Depuis quelques années maintenant le dernier weekend d'Octobre rime avec collants rouges, sabres lasers et téléportations. Après une adolescence dans l'ombre de sa grande sœur, l'incontournable Japan Expo, la Comic Con a pris son indépendance et c'est aujourd'hui sous la Grande Halle de la Villette que la grande kermesse de la culture pop accueille ses fans venus des quatre coins de la galaxie geek . 

   Vers l'infini et au delà, ambiance "kiss me, I'm geek" c'est parti.. 
  
L'inévitable Deadpool
Sous la Grande Halle, la kermesse geek 

Comic Con Paris 2018

   On prend les mêmes et on recommence; cette année encore les super héros sont venus communier avec les simples mortels. Des milliers de fans de comics, séries, science-fiction et autre space operas, se sont donné rendez-vous sous la Grande Halle pour célébrer la pop culture et la geek attitude.  

Bienvenue à la Comic Con Paris 2018
  Pendant trois jours, plus de trente mille visiteurs vont venir à la rencontre des créateurs et de quelques stars de la science-fiction. A part Frank Miller et la jolie Shannen Doherty je ne connaissais pas grand monde. J'ai baigné très jeune dans l'univers Marvel, mais pas sûr qu'aujourd'hui Stan Lee qui a pas loin de 100 ans, et son co-auteur Jack Kirby depuis le Valhalla, aient encore la force de venir botter les fesses de ceux qui ont massacré leurs oeuvres en les portant à l'écran. 
   
Coté Alliance il n'y avait pas vraiment de plan carrière, du coup j'ai signé à la concurrence
     Sinon la Comic Con c'est aussi l'occasion de faire le plein de goodies, et de courir après les Cosplays, ces visiteurs déguisés qui se prêtent avec un grand plaisir et un petit côté exhib aux séances photos.   

Les goodies, pour réussir ses soirées entre amis 
Y a même des cours de fitness, les super pouvoirs ça s'entretient
Et ce que j'aime le plus: la chasse aux cosplays; mentions spéciales pour l'Harley Quinn au marteau et la féline Cat-Woman
   Côté cosplays, on a pu croiser un max de Deadpool et un nombre incalculable d'Harley Quinn, la fiancée aussi sexy que déjantée du Joker. Preuve, s'il en est, que les badass feront toujours plus recette que les gentils sans envergure. 

Irrécupérable

Sinon pas de souci dans le RER en venant ?  
     Dans les exposants récurrents on pouvait retrouver la Fédération Française de Sabre Laser à qui j'achète régulièrement des teeshirts, bizarrement je n'y ai jamais croisé l'équipe parisienne de Quidditch qui s'entraîne pas très loin de chez moi dans le Bois de Vincennes.  Pour rappel, le Quidditch c'est ce sport tiré de l'univers de Harry Potter et qui oppose deux équipes de sorciers en balais volants qui doivent marquer des buts. Alors comment peut on transposer cela dans la vraie vie? Je vous encourage à aller dans le bois voir par vous même, aux heures indiquées ici



L'occasion d'aller poser aux cotés de stars intergalactiques
   Bon, même si on passe toujours du bon temps dans ce genre d'events, à des années lumières (même en en Millennium Falcon) d'une actualité souvent morose; j'ai quand même l'impression que la Comic Con peine à se renouveler, et propose depuis quelques temps toujours la même chose, presque en moins bien. Si les organisateurs souhaitent que les habitués reviennent il va falloir sérieusement innover. Cela manque un peu d'ambiance; il faudrait une scène et des concerts en continu, une taverne pirate (comme l'an dernier), pourquoi pas un geek dating comme à la Japan bref, du neuf !!!  


Ils tiennent en otage une licorne !
   Pas certain de revenir l'an prochain si le programme sent le déjà-vu; d'autant plus que j'ai fait, le weekend d'après, l'excellent Salon Fantastique, qui pour le coup évolue bien d'une année sur l'autre

   A suive donc le Salon Fantastique, un article sur les Furoshikis qui ont pris leurs quartiers sur le parvis de l'Hôtel de Ville, et peut être une balade dans un bois de Vincennes aux couleurs de l'automne. 

  May the 4th be with you

   N.

lundi 29 octobre 2018

L'Hôtel de Ville, et TeamLab

   Je profite de ce dimanche hivernal pour rattraper un peu mon retard, et revenir sur l'une des expos marquantes de l'été.  Si côté programmation la contre-culture avait succédé aux impressionnistes ces dernières années,  le nouveau buzzword pour les expos c'est "immersion"; et l'un des gros cartons de ces derniers mois a été l'installation immersive japonaise TeamLab à La Villette.

En immersion
     Mais nous verrons ça après, pour l'instant direction le monument à mon sens le plus beau de Paris, je veux parler du somptueux Hôtel De Ville que j'ai eu la chance de pouvoir visiter pendant les journées du patrimoine.

Direction l'Hôtel de Ville
     On quitte donc momentanément la face B de Paris pour venir faire un tour dans la carte postale, avec comme souvent un petit retour dans le temps. Ambiance "le ciel, les pigeons et la Maire" c'est parti..

Etienne, Etienne… Tiens le bien !


      L'histoire de l'Hôtel de Ville est liée à celle d'un personnage trouble, Etienne Marcel, qui n'est donc pas que la station de la ligne 4 qui ne sert à rien; en effet de mémoire de voyageur on n'a jamais entendu personne dire "je descends à Etienne Marcel". 

A la découverte de l'Hôtel de Ville, ma "Liberté guidant le peuple"
    Fast backwards, nous sommes au milieu du 14ème siècle et le Royaume de France traverse sans doute la période la plus sombre de son histoire, en pleine guerre de cent ans contre l'envahisseur anglais. Le Roi de France Jean le Bon (qui porte mal son nom ou alors il faut sucrer le "le") est prisonnier à Londres, la Chevalerie Française a été anéantie lors des batailles de Crécy et de Poitiers. Le dauphin, futur Charles V, est trop jeune pour reprendre le flambeau et ne possède de toutes façons ni flotte, ni armée. Et comme si cela ne suffisait pas le royaume a été ravagé par la peste noire qui est arrivée avec les navires marchands.  

L'Hôtel de Ville propose une balade picturale dans l'histoire
     La bataille de Crécy a été une humiliation pour la Chevalerie Francaise qui combat avec des codes qui même au Moyen Age, semblent moyenâgeux. Les arbalétriers génois au service de la France passant leur temps à recharger quand les archers anglais tirent plus de dix flèches à la minute, les chevaliers francais vont alors en passer au plan B dont la beauté n'a d'égal que la simplicité: on charge et on fracasse tout !

     Piétinant au passage les alliés génois, ils vont aller s'empaler dans les pièges grossièrement construits par l'ennemi et se faire tirer comme des lapins par des archers anglais qui n'en demandaient pas tant, ce fut hélas un massacre…

Balade dans les salons
    Bataille de Poitiers, ce qui reste de la Chevalerie fait face une nouvelle fois aux anglais et à leurs redoutables archers, sous le commandement du fameux Prince Noir. Il a plu toute la nuit et le terrain est impraticable, mais les chevaliers ont si bien appris de leur défaite précédente qu'ils vont de nouveau opter pour la tactique imparable: on charge et on fracasse tout.

        Le résultat est encore pire qu'à Crécy: les chevaliers qui s'embourbent sont cloués par les archers anglais qui sont dubitatifs devant tant de bêtise, le roi est fait prisonnier, la France n'a plus d'armée et n'est plus gouvernée.

Les dorures de la République
   C'est dans cette France au plus bas que l'ultra riche Etienne Marcel, le prévôt des marchands, va acquérir la maison aux piliers qui deviendra l'Hôtel de Ville. Pour ceux qui connaissent l'endroit, il faut imaginer que le parvis actuel était une espèce de plage appelée place de Grève, où les navires de la puissante corporation déchargeaient leur cargaison, et où on venait chercher du travail pour la journée (c'est de là que viendra le fameux "faire grève", qui a bizarrement un sens opposé).

     Avec un roi en prison et un dauphin esseulé, Etienne Marcel et ses puissants potes vont prendre le pouvoir, y compris sur les finances et l'armée, et vont devenir les vrais rois de Paris au point d'essayer de se débarrasser du Dauphin Charles V, encore très tendre, et prendre sa place.

Ambiance Poudlard sous les toits avec la librairie
     Mais le futur Charles V est l'un des rares à avoir tenu son rang pendant cette période terrible, il va rassembler les quelques hommes qui lui restent fidèles et va marcher sur Paris, histoire de remettre Etienne à sa place. Le magnat de la finance, qui sent le vent tourner, va essayer pour s'en sortir de livrer la ville aux anglais, ce qui va signer sa perte et il finira assassiné. Etrange que cet arriviste un peu collabo ait une rue et une station de métro à son nom, il a sans doute fait de bonnes choses mais qui m'ont échappé. 

La piétonisation des voies sur berges, même l'hiver ?
Les salons
       Et voilà c'est la fin de la balade dans cet Hôtel de Ville que j'ai été ravi de visiter car c'est l'endroit où je retrouve généralement mes amis pour sortir explorer la ville, ou festoyer dans Paris.
  

TeamLab, "au-delà des limites

    Retour maintenant sur le blockbuster de l'été. Après donc les périodes impressionniste puis contre culture (avec en fer de lance les expos street-art pour attirer la bobosphère et la jeunesse branchée), la nouvelle tendance c'est les installations immersives qui plongent le visiteur au sein de l'oeuvre.

TeamLab
   Après Van Gogh et Klimt, ce sont les japonais de TeamLab qui sont venus cet été poser leurs valises à Paris, et installer leur machine à immerger dans la Grande Halle de la Villette. Le son et lumière plonge le visiteur dans un espèce de rêve psychédélique, très coloré et vaguement "nipponisant". 

Camouflage
   La nouveauté avec les expériences précédentes est qu'ici peut interagir avec les projections. Mais quand par exemple tout le monde arrive à fermer les fleurs en les touchant et que vous, rien à faire, ça ne fonctionne pas; alors il faut garder ce même détachement que lorsque les portes du métro se ferment juste devant vous et que la rame est bondée. 

Red Hot
   Autour de moi les retours sur TeamLab sont contrastés, génial pour les uns, un peu court pour d'autres. Nous pour le coup on a bien aimé, passant pas mal de temps allongés dans une salle où les esprits des vieux samouraïs semblaient danser au dessus de nos têtes, sur une musique hypnotique. 

 Je pense quand même que ces immersions sont un effet de mode, les gens vont réaliser qu'in fine on n'a pas accès aux vraies oeuvres mais à de simples projections, un peu comme à la télé au fond, et je sens bien d'ici peu le retour des impressionnistes, ou comme à Beaubourg en ce moment, des maîtres du cubisme.


Au calme
   A suivre la Comic Con, et certainement quelques expos car il y a l'embarras du choix pour ce grand weekend qui se profile. 

   Bonne soirée

   N.