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vendredi 20 décembre 2019

L'automne à Paris

  Haaa l'automne, son spleen, ses remises en question et ses multiples cortèges... Cortèges de feuilles mortes et de couleurs rougeoyantes, cortèges costumés de chasseurs de bonbons (ou un sort !), de bouteilles de beaujolais nouveau aux arômes incertains; sans oublier bien sûr les cortèges de la CGT car l'automne c'est aussi la grande saison de la contestation sociale.

L'automne signe le retour de la Comic Con
  Alors vous la voulez paramétrique ou systémique votre réforme ? Il faut changer le logiciel monsieur le député, ne pas jeter l'anathème, sinon vous obtiendrez une victoire à la Pirrhus… Et je passe les Grenelle de ceci, les états généraux et Plan Marshall de cela, les éléments de langage des nos élus sont affligeants, Mirabeau est loin, après on a aussi les élites que l'on mérite.

Les couleurs du beau Bois de Vincennes
Et des ses lacs
   Je ne vais pas m'étendre sur la politique, mais j'ai quand même l'impression que les décideurs ne captent pas l'air du temps; qu'ils se préparent à entrer dans la bataille de la mondialisation avec trente ans de retard, alors que tous les pays responsables et concernés par la planète se préparent déjà à en sortir. 

Palette d'automne sur la Conciergerie

Le troisième jeudi de Novembre, l'incontournable Beaujolais Nouveau... 
qui râpe un peu le palais des aficionados malgré une "robe rubis et des aromes de bananes mures"...
...mais qui vaut surtout pour l'ambiance festive et le vivre ensemble qui va avec, dans les nombreux bars à vins de la ville
    Mais l'automne c'est aussi la rentrée culturelle et artistique, les nouvelles programmations et le retour des grandes expos. Je vais revenir sur deux des événements marquants de cette rentrée, la réouverture du MAM et l'édition 2019 de la Comic Con, la foire aux geeks. 

   Ambiance "les sanglots longs des violons" c'est parti….

Réouverture du MAM, expo Hans Hartung

   
     Après 14 mois de travaux et un lifting complet, le Musée d'Arts Moderne de la Ville de Paris a fêter comme il se doit cet automne sa réouverture au public lors d'un weekend portes ouvertes gratuit qui a attiré, comme d'habitude, tout Paris.

Nouveau et gratuit = 10 kms de queue pur accéder à l'entrée
   Comme j'étais accompagné d'une amie qui a bossé plusieurs années au MAM, deux coups de fil ont suffi et une dame, j'imagine d'un certain poste, nous a rejoint pour faire rentrer notre petit groupe, ce que je déteste cordialement car je suis contre les passes droits, quels qu'ils soient. 
  
L'immense salle de la Fée Electrisée est toujours aussi féérique
     J'ai donc remis ma probité dans ma poche et suivi tête basse le groupe de pistonnés. L'exposition inaugurale choisie était consacrée à un peintre abstrait allemand, Hans Hartung dont je n'avais jamais entendu parler mais qui était présenté comme injustement délaissé par le milieu, ce qui me laissait dans une excitation toute contenue.


Ambiance vernissage avec un petit orchestre de Jazz.  Le jazz c'est  la seule musique où on se sent obligé d'applaudir même quand le saxophoniste t'a bien torturé, histoire de paraître plus intello que lors de son dernier selfie au concert d'Aya Nakamura      
    Coté fréquentation on prend les mêmes et on recommence. L’éventail est large, de l'intello fauché à la personnalité publique en représentation, en passant par les étudiants passionnés, l'écosystème artistique, la bourgeoisie venue en voisine, l'incontournable "bobosphère", sans oublier les touristes asiatiques qui sont toujours au courant des bons plans, même les plus confidentiels. 

    J'ai l'impression qu'on ne retrouve pas au MAM la population pop et torturée qui hante le Palais de Tokyo voisin, c'est étrange comment deux monuments de l'art contemporain, pourtant si proches, peuvent attirer un public si différent. 


Lumières et fumées, ça instagramme "à hue et à dia" comme disait l'autre jour un syndicaliste policier sur un plateau télé 
Là j'ai pensé achtung Hartung !
     L'expo est une rétrospective qui recense autour de trois cents œuvres, et quand j'ai vu les dessins des débuts d'Hartung je me suis immédiatement écrié archtung !  Voilà encore une expo gribouillis minimalistes sur fonds ternes comme on en croise parfois dans les musées d'art contemporain… et in fine pas du tout, j'ai adoré. 

Expo Hartung, des explosions de couleurs fantastiques

   L'expo est une superbe balade colorée, avec de jolis gradients et des formes parfois tribales. Ça reste abstrait, donc vous pouvez toujours prêter l'oreille à l'expert d'à coté qui explique à la jolie fille que ce trait difforme symbolise quelque part la montée du nazisme, moi je me contente d’apprécier l’esthétique des tableaux, de les ressentir, sans jamais tenter de les interpréter.

  L'artiste brosse, creuse, zèbre, et parfois même peint en sautant, ce qui donne un geste surprenant sur la toile. C'est très réussi, Hartung est définitivement un expérimentateur qui gagne à être connu, l'expo court jusqu'en Mars 2020, les infos ici        

Un dernier verre sur le parvis qui sépare le MAM du Palais de Tokyo
     Cerise sur le mac-do, le musée avait organisé pour l'occasion une soirée electro sur le parvis, qui a confirmé encore une fois que les filles dansent, là où les garçons s'essayent à une sorte d'expression corporelle pas souvent inspirée.

DJ sets 

Comic Con 2019

    
     Autre salle autre ambiance, l’automne c'est aussi la retour de la grand' messe de la pop culture, la Comic Con et ses cohortes de geeks et autres aficionados des mondes imaginaires. Après les space opéras aux robots dépressifs, après les super héros en collants flashis défendant la femme et l'orphelin, c'est depuis quelques années au tour des séries d'être mises à l'honneur. 

     Pour l'anecdote, en parlant de superhéros, le ministère de l'agriculture américain vient de retirer de son très sérieux simulateur de calcul de taxes le Wakanda, le pays des Black Panther. Un développeur farceur l'aura sans doute ajouté en douce… 

Énormément de monde comme à chaque fois sous la Grande Halle
Certains visiteurs prennent plus de place
   Alors la Comic Con Paris ce n'est pas San Diego, ici on n'aura sans doute pas Dark Vador en guest VIP, mais plutôt le cousin du coiffeur de la doublure de l'héroïne de Stranger Things. L'ambiance est festive, même si le merchandising prend chaque année plus de place, et à ce rythme on risque de finir par se sentir plus dans un immense mall que dans une convention.
  
Risky business, si ce tatoueur se rate il n'aura pas à se soucier de sa retraite
le Manoir de Paris a envoyé quelques comédiens fous mettre un peu d'ambiance
   Comme chaque année les cosplays, ces visiteurs costumés, sont venus en nombre. On a vu le niveau s'élever ces dernières années jusqu'à presque trop se prendre au sérieux, mais depuis quelques temps l'auto dérision est de retour, et les cosplays bien ringards recueillent tous les succès.
  
La chasse aux cosplays
Mes préférés
  Alors on y fait quoi finalement à cette Comic Con

  Petite réponse en images…

On s'y fait photographier sur le célèbre canapé orange de Friends
On s'y forme au Sabre Laser
On y danse en silence
On s'immortalise
On y croise aussi bien le petit personnel…
…que les stars intergalactiques
On y achète plein de choses inutiles, donc indispensables
      En 2020 j'irai voir la grande sœur, la démesurée Japan Expo; j'essaye d'alterner les deux évènements car d'une année sur l'autre il y a finalement peu de renouvellement. 

"Viendez" à la Comic Con

L'Actu du moment

    
     Si vous souhaitez profiter de la trêve des confiseurs pour aller prendre l'art comme on écrit sur les sites fancy, quelques idées pour profiter de Paris pendant les fêtes.


Francis Bacon à Beaubourg, une promenade onirique à limite du cauchemar
     
     Si le noir vous va bien, l'expo Pierre Soulage, les 100 ans à Beaubourg.

   Si vous cherchez de quoi accompagner vos oeufs brouillés, Francis Bacon en toutes lettres toujours à Beaubourg.


    Si mon excellent article de l'été dernier sur Leonard vous a laissé sur votre faim Leonard de Vinci au Louvre.

    Si votre meilleure imitation de Gollum "mon précieux, ils me l'ont volé" a mis fin à l'interminable discussion sur la réforme des retraites pendant le repas de Noël, Tolkien l'immense expo à la BNF.

     Enfin, parmi celles que j'ai déjà programmées, si vous aimez les balades poétiques écolo et les illuminations, Océan en voie d'illumination au Jardin des Plantes.  
   
Beaubourg la nuit

    Et voilà il est temps de partir fêter Noel en famille, j'ai la chance d'avoir un train qui roule, et il y a presque plus de journalistes que de voyageurs en ce matin pluvieux à la Gare de Lyon, je profite d'ailleurs du trajet pour rédiger cet article.

Depuis le portillon je surveille mon précieux.. (moi aussi je suis Docteur es imitations de Gollum et d'Archibald Simpson
Blogging in the train
    Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'années, joyeux Noël à tous.

     N.    

jeudi 21 mars 2019

Du climat, d'un vernissage, et de Valbuena

    Si je vous dis Valbuena, vous allez probablement penser football, joueur sulfureux, chantage à la sextape, bref, ce dont  la nature a le plus horreur: le vide.  Mais un Valbuena peut en cacher un autre, prénommé Pablo, que nous irons découvrir un peu plus loin. 

Marche du Siècle - Arrivée sur République

     Je vous raconterai au passage mon premier vernissage au MAM, pour l'instant direction Opéra pour l'auto-proclamée Marche du Siècle: des dizaines de milliers de personnes se sont données rendez-vous samedi dernier pour dénoncer l'inaction du gouvernement en matière de préservation de l'environnement et de justice sociale.

     Ambiance "les calottes sont cuites..." c'est parti.

 La Marche du Siècle

   
     Nous avions parlé dans un article précédent du phénomène Greta Thunberg, devenue depuis une star planétaire inspirant la jeunesse mondiale, pressentie même pour le Nobel de la Paix. Nous avions également mentionné la très sérieuse horloge de la fin du monde qui marque minuit moins deux, et j'ai découvert depuis la collapsologie, ou l'étude scientifique de l'effondrement de notre civilisation, rien que ça...

La jeunesse en fer de lance

Si en plus il y a la jolie Marion Cotillard...
  Si on ajoute aux problèmes de fin du monde ceux de la fin du mois, il n'en faut pas plus pour que les colères convergent dans une grande marche citoyenne. Du Secours Catholique à  Attac en passant par les grandes organisations écologistes comme les Colibris ou encore Greenpeace, pas moins de vingt-cinq organisations ont appelé à venir battre le pavé ce Samedi 16 Mars.

Marée humaine sur les boulevards

Pour la Justice Climatique et Sociale
    Quarante-cinq mille participants pour la préfecture, plus de cent mille pour les organisateurs, la bagarre des chiffres est anecdotique puisque tout le monde s'accorde à dire que la marche a été un succès. Et si la jeunesse a incontestablement pris le lead sur l'évènement, on a pu croiser toute sorte de population dans le défilé, y compris les fameux gilets jaunes, dont la charismatique Pricillia Ludosky.

Chantant, sautant, dansant, es "chauffeurs" ont travaillé leur cardio
    Côté gilets jaunes on a pu voir les rookies portant leurs gilets immaculés flambants neufs, et la vieille garde avec ses uniformes usés, "customisés" dans les grandes largeurs, entre punchlines et dessins provocateurs. Ceux là me font penser aux grognards de la Grande Armée enchaînant les campagnes; eux aussi ont fait leurs (avenues de) Iena, Wagram, Rivoli... dans l'espoir de voir peut-être un jour le soleil d'Austerlitz. En parlant de la Grande Armée, je vous raconterai lorsque l'occasion s'y prêtera la vraie fausse exécution du Maréchal Ney, "fidèle" compagnon d'armes de Napoléon. 

Gilet jaune et écolo
    Bon, on peut sérieusement douter de l'efficacité d'une marche pour le social et l'environnement, ce n'est pas cela qui fera reculer ni les grands pollueurs, ni la pauvreté, mais cela permet quand même de capter l'air du temps, et il me semble que les aspirations changent profondément.  

"Plus chauds que le climat"

Si le temps est un lieu...

    
     Après la Marche du Siècle, passons du "coca light": si le temps est un lieu c'est peut-être le 104, ce centre atypique niché dans les anciennes pompes funèbres de Paris, où tout un chacun peut aller pratiquer son art. Au coeur du Paris populaire, entre jongleurs, danseurs, comédiens, acrobates et j'en oublie, le 104 a un petit coté "cour des miracles" (sans l'Emeraude) qui vous transporte.   

Précédentes balades au 104
    Il se passe toujours quelque chose au CentQuatre:  expos, salons, concerts ou encore spectacles de danses et festivals, le CentQuatre est un lieu que j'aime faire découvrir aux gens de passages sur Paris, histoire de sortir un peu de la carte postale Louvre - Tour Eiffel - Montmartre.


Les allées du 104

Ici on vient en famille ou entre amis travailler son art du vivant
     En ce moment c'est Pablo Valbuena, un artiste espagnol installé en France, qui a pris possession des lieux avec des installations sons et lumières totalement hypnotiques. C'est intelligent, c'est millimétré, je pense que cet artiste, que je ne connaissais pas, fera vite parti des incontournables.

Une mosaïque permettant de créer des motifs à l'infini
Hypnotique
    Vous avez jusqu'au Dimanche 24 Mars pour aller découvrir Pablo Valbuena , mais pas besoin d'une expo pour aller apprécier l'ambiance unique du CentQuatre, les infos ici.

 D'un vernissage, et d'une envie pressante... 

    
     La semaine dernière j'ai eu la chance d'être invité à un vernissage au MAM (Musée d'Art moderne de Paris) par une amie qui y a bossé pendant quelques années. J'arrive sur place avec un quart d'heure d'avance, mon amie n'est pas des plus ponctuelles, et j'ai la bière du classique "on refait le monde entre collègues au café du bout de la rue d'en face" qui commence à m'interpeller au niveau du vécu. 

A gauche le Palais de Tokyo, à droite le MAM
     Il est 20h, j'ai d'un coté le MAM où il m'est impossible de rentrer sans mon amie puisque le musée est fermé au public, de l'autre le punk Palais de Tokyo qui lui est ouvert jusqu'à minuit, mais si je paye une entrée pour aller aux toilettes je n'aurai même pas le temps de profiter de l'expo. La copine confirme par sms le retard redouté, plus le temps de cogiter, place aux actes. Je me présente donc au guichet du Palais de Tokyo mais dans la file des abonnements, 5 minutes après j'ai mon Tokyo Pass valable un an en poche, 10 minutes après je suis devant l'entrée du MAM Après Beaubourg, me voilà donc abonné à un autre de mes lieux préférés.

MAM - La symboulique oun po mystiqué del incridibillé Houlk !
  Coté vernissage je craignais un peu de tomber sur une bande de wanna-bee branchés, lançant des "amazing" et autres "oh my god" en direction d'un artiste ayant le melon, avec en toile de fond des pique-assiettes jouant des coudes pour accéder au buffet.

Vernissage Thomas Houseago
  Cliché: au final pas d'hystériques, pas d'artiste, pas de bulles.... Juste des privilégiés ayant la chance de découvrir l'exposition en avant-première, et en comité restreint.

On n'est pas bousculé.
  Dans le flot des invités, on peut trouver des critiques et des influenceurs qu'il faut savoir recevoir, c'est la mission des employés du musée qui sont rodés pour cela. Si vous voulez en savoir plus sur l'expo de Thomas Houseago: les infos ici..

La suite

    
     A venir le retour des impressionnistes, la nouvelle mode des "spikizis, et une petite promenade dans le plus vieux marché parisien. Nous irons aussi pousser quelques portes de la mystérieuse Place des Vosges, sur les traces d'un personnage hors norme.

Place des Vosges
    Bonne soirée

    N.