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dimanche 9 décembre 2018

Manga <-->Tokyo

    Entendant tout et n'importe quoi j'ai voulu gratter un peu la sémantique, et j'ai compris qu'une émeute est un soulèvement populaire sporadique,  que lorsque les émeutiers se structurent dans le temps l'émeute tourne à l'insurrection, et que quand les insurgés occupent des lieux de pouvoir et deviennent un véritable contre-pouvoir, c'est la révolution.
 

Je rigole car l'hôtesse me chambre sur son droit à l'image
     Aujourd'hui on se balade quelque part sur cette échelle de la colère; et en parlant de balade direction un des mes endroits fétiches, le Parc de la Villette et sa Grande Halle, pour continuer à fêter les débuts de l'ère Meiji et le siècle et demi de relations avec le Japon

    Après les mystérieux furoshikis, ce sont les mangas et Tokyo qui sont à l'honneur, ambiance "Akira t'es foutu, Sailor Moon est dans la rue" c'est parti...
 

Manga <> Tokyo

    
     J'avais potassé l'ère Meiji lors de mes visites au Japon mais avec le temps j'ai oublié, et oui ma dernière excursion remonte à bien... un an, et ça me manque. Il me reste quand même les grandes lignes à base de Shogun et de révoltes des Samouraïs, mais j'aurai l'occasion d'y revenir, car avec cet anniversaire on n'a pas fini de célébrer l'Empire du Soleil Levant.   

Tapis rouge pour l'expo Manga <-> Tokyo
   C'est donc dans ce cadre "Japonisme 2018" que l'expo Manga <-> Tokyo pose ses valises jusqu'à la fin décembre à la Grande Halle. L'expo se consacre aux interactions entre les mangas au sens large (bandes dessinées, films, animations) et la ville de Tokyo, ou quand la fiction rencontre la réalité. A peine entrés sous la Halle nous sommes tombés, à mon sens, sur la pièce maîtresse de l'expo: une immense maquette de la ville, qui donne immédiatement une idée du terrain de jeu offert aux personnages de fiction. On peut même s'immerger dans la maquette grâce à des jumelles mises à dispo.


La fantastique maquette de la capitale Nippone

En immersion
     Le reste de l'expo est plus classique, on y voit comment les codes culturels et de la ville sont transposés au fil du temps dans l'univers des mangas. Comment, depuis Godzilla, tout nouveau monument est systématiquement détruit dans le prochain film/animé, en référence aux guerres et aux catastrophes naturelles qui rythment l'histoire tokyoïte.
 

     La ville en retour se nourrit des mangas, en proposant par exemple des circuits touristiques vers les lieux tokyoïtes qui servent de décors aux fictions à succès, un peu comme on l'avait fait ici lors de la sortie du Da Vinci Code (mais sous la pyramide du Louvre, en guise de Graal, j'ai trouvé une FNAC, signe des temps... )
 
     Dans la capitale nippone, un des lieux du moment est l'escalier où se rencontrent les personnages de l'animé "Your Name"; lors de ma prochaine visite j'irai certainement y faire un tour car ça a l'air super photogénique.
 

Sur ma todo list, l'escalier de "Your Name"

     A Tokyo le manga est omniprésent, dans les zones de travaux jusque sur les murs des commissariats où les policiers sont représentés de façon très kawaii, ce qui ne les empêche pas de vous jeter 15 jours en garde si vue si vous tapez dans la caisse de votre multinationale sans déclarer au fisc.
 
La Tokyo Tower, une petite Tour Eiffel, mais qui est plus grande que la nôtre
    Trois quartiers emblématiques sont particulièrement mis en lumière car ils servent de décor à de nombreux mangas :  l'effervescente Shibuya où j'avais mon hôtel et qui ne dort jamais, Kabuchiko le quartier chaud, QG des yakuzas, où l'on sent vite que ce n'est pas le lieu idéal pour tester sa virilité, et bien sûr Akihabara, le quartier geek où l'on trouve les plus grands magasins de ...mangas.
 

Manga<->Tokyo

    Au final une chouette expo, qui rappelle de bons souvenirs à ceux qui sont déjà allés au Japon, et qui donne certainement envie aux autres de partir à la découverte de cette culture que je trouve fascinante. Pour l'anecdote, je me suis rendu compte en sortant que les photos n'étaient pas autorisées, les hôtesses ont été plutôt cool car j'ai ostensiblement mitraillé, et personne ne me l'a reproché.
 
   Cela dit cette expo est juste un amuse-bouche par rapport à celle qui s'annonce au mois de mars. En effet Toutankhamon débarque avec ses trésors pour une exposition hors normes; à peine les resas ouvertes trente milles billets ont déjà été vendus. J'en serai, en espérant de pas me choper, en plus de la traditionnelle angine, une malédiction des pharaons carabinée.... Les infos ici.
 

Pour le Climat

 
     Pour finir quelques mots sur la Marche Pour le Climat samedi qui a rassemblé plus de vingt mille personnes malgré le temps (qui aurait pu se sentir plus concerné)  et un contexte compliqué. Un défilé festif, entre olas et clapplings, où on a pu noter une convergence des colères avec les gilets jaunes, avec des slogans comme "Fin du monde et fin du mois, même combat".
 
     On est allé boire un verre en arrivant sur République et j'ai fait la connaissance de deux filles aussi sympas qu'engagées, qui m'ont demandé, entre autres, si je participais au programme zéro déchet de la ville de Vincennes (sic..). Enchaînant quelques "c'est pas faux" percevalesques j'ai tenté une diversion en embrayant sur ma nouvelle lubie des graines de chia (une pensée pour Madd'), le côté bio écolo blabla...  Mais quand on m'a demandé si j'avais calculé l'empreinte carbone pour faire venir ces graines de chia, le cancre écolo que je suis a vite replongé son nez dans sa bière IPA. 
 
♫ On est plus chaud que le climat ♫
   A suivre du Cubisme et des espèces en voie d'illumination
 
   Bonne semaine
 
   N.
 

vendredi 30 novembre 2018

Furoshikis

    Quand j'ai vu que la Mairie avait installé un paquet cadeau japonais géant sur le parvis de l'Hôtel de Ville, que ce paquet cadeau se visitait et contenait d'autres paquets cadeaux japonais, je me suis dit c'est diabolique, "ils" viennent d'inventer le "piège à bobos" ultime... Quel esprit machiavélique a pu accoucher d'un tel traquenard, qu'est ce qui attend là-bas le bobo naïf dont la curiosité fait parfois oublier les dangers de la jungle urbaine ?
 
A l'intérieur d'un Furoshiki
   Un coup d'oeil rapide sur le calendrier pour m'assurer qu'on n'était pas sur un revival de la Saint-Barthélemy avec les bobos en lieu et place des Huguenots, et je saute dans le premier métro, direction l'Hôtel de Ville pour pouvoir écrire un jour "Le furoshiki géant en 2018, j'y étais".
 
    Ambiance "kojo no tsuki à Paris!" c'est parti...
 
Il y vraiment un paquet cadeau géant sur le parvis

L'attente

     Malgré le froid et la pluie, de nombreux curieux patientent déjà sur place. J'estime à pas plus de trente minutes l'attente, et je prends place dans une file, comme souvent ici calme et disciplinée, ce qui épate toujours un peu le méditerranéen que je suis. Pour faire patienter, les organisateurs distribuent des journaux qui racontent le concept ancestral du furoshiki, son coté réutilisable donc écolo. 

     On trouve même en annexe la galerie des nombreuses statues ornant les façades de l'Hôtel de Ville, et qui portent au bras un furoshiki pour l'occasion. Il en fallait pas plus pour activer le "monsieur je sais tout" qui a pris place sournoisement juste derrière moi.  

 
 
      Ce gars qui sait tout et mieux que les autres vous le connaissez. Vous le croisez peut- être lors des réunions familiales, ou encore à la machine à café du bureau. Vous le rencontrez souvent lors des visites guidées de lieux historiques, c'est celui qui essaye de prendre systématiquement en défaut la jeune guide tentant de concilier passion et travail pour financer ses études en Histoire de l'Art : "Vous parlez de mâchicoulis pour un château du huitième siècle ? Ça me semble fantaisiste..." 
 
Une bonne demi-heure avant de pénétrer le Graal
     Je reviens au gars derrière moi qui va s'essayer à épater la galerie en commentant les statues des façades. Le souci est que celle qui semble être sa compagne a pour ami Google, et qu'elle va prendre un plaisir certain à le contredire jusqu'à l'agacer, à base de "Tu dis n'importe quoi Alain, il était avocat Ledru Rollin..". Merci à eux, la demi-heure est passée très vite, et j'ai enfin pu faire mes premiers pas à l'intérieur d'un paquet cadeau...
 
 
Dans le journal la liste des statues des façades, une pépite pour faire rager beau papa au Trivial Pursuit

Les Furoshikis  

    Vous l'avez sans doute remarqué, depuis quelques mois l'Empire du Soleil Levant est à l'honneur: l'année 2018 célèbre un siècle et demi de relations avec le Japon qui s'est ouvert à l'occident sous l'ère Meiji. Aussi jusqu'en février 2019 la culture nippone va poser ses valises à Paris, avec à la clé des dizaines d'évènements dont ces mystérieux Furoshikis

     Mais comme on dit à Tokyo:  "Furoshikis, kezako?"

A l'intérieur du paquet cadeau, les mystérieux Furoshikis
   J'ai beau être un grand fan de cette culture nippone entre tradition et modernisme, avoir eu la chance être allé au Japon en modes pro et perso, avoir longtemps essayé de comprendre pourquoi le siège d'Actarus pivote deux fois sur lui-même lors du transfert dans le Goldorak; je dois confesser que je ne connaissais pas les furoshikis, ou l'art d'emballer et de nouer les objets dans des tissus colorés.

Furoshiki déplié
      C'est donc le premier eco-bag, dont l'origine remonte à la nuit des temps. Aujourd'hui il est plus employé pour emballer et décorer les cadeaux. Il y a évidemment autant de techniques que de formes d'objets, selon que l'on offre une bouteille, des fringues, des pâtisseries...


   Une fois à l'intérieur du paquet cadeau, la visite consiste à déambuler parmi des furoshikis qui ont été créés pour l'occasion par des artistes et des intellectuels; j'ai retenu Jean Paul Gaultier et Agnes B.

    Il serait exagéré de prétendre que le coté traditionnel et écologique de la chose m'ait vraiment transcendé, mais avec toutes ces couleurs la balade reste des plus esthétiques.
On peut même apprendre à concevoir des Furoshikis, histoire au repas de Noel de soigner le gap culturel avec le beau-frère qui est plus branché bagnoles de luxe...
   A suivre du Cubisme, des illuminations, et une balade automnale dans le Bois de Vincennes sur fond de Guerre de Cent Ans.  Sombre période qui, au passage, a connu entres autres la grande jacquerie, cette révolte paysanne que certains comparent (à mon sens en sous-estimant la situation) à la grogne sociale qui est en train de gagner tout le pays.

    Arrigato  Gozaimaasss !

     N.  
 

vendredi 15 septembre 2017

Balade à Osaka

   Dans la musique que j'aime appelée de façon trop triviale hard-rock, les albums live mythiques ont pour la plupart été enregistrés lors de tournées au Japon, ce qui peut surprendre quand on connaît la ferveur des publics européens et plus récemment mexicains ou sud américains...  Mais du "Made in Japan" des Deep Purple au "One Night at Budokan" du Michael Schenker Group en passant par le fabuleux "Tokyo Tape" des Scorpions (avant qu'ils ne se perdent un peu) et plein d'autres, le Japon a toujours soufflé un vent mystique sur cette musique mal considérée, ce qui a permis de sortir de véritables bijoux.

   J'en suis là de ces considérations quand le 747 commence sa descente sur l'aéroport du Kansai construit sur une île artificielle dans la baie d'Osaka... 6 mois après je suis de retour au Japon pour une petite dizaine de jours.
 
Ōsaka-jō

    Un petit mot sur la compagnie, j'avais pris des billets A.N.A (compagnie japonaise) et par le jeu des (star) alliances c'est Lufthansa qui a opéré le vol aller, avec à la clé la bonne surprise de voyager en 747 qui reste pour moi l'avion mythique et mystique par excellence, je me demande pourquoi d'ailleurs Air France l'a mis au placard. Onze heures de vol on est déjà au bout du monde, avec les sièges équipés de tablettes on ne les voit pas passer (au passage faut arrêter avec  les "Alien", ça tourne au ridicule...)
 
Confiant de passer au dessus de la Corée du Nord le jour ou on aggrave une énième fois les sanctions, et donc les relations
    Pour finir une petite heure de train et on débarque à Namba le quartier qui bouge d'Osaka, attention c'est un vrai labyrinthe alors mieux vaut avoir imprimé quelques trucs avant d'arriver car ici c'est 12 euros du Mo lorsqu'on active la data...  
 
Train Express pour Namba, petite astuce pour éviter qu'un passager se trompe et embarque ma valise lors de la livraison des bagages: le petit taureau vénère qui monte la garde
 Un peu en dehors des sentiers
    
   Quand on parle voyage au Japon c'est invariablement Kyoto et Tokyo qui reviennent et ce à juste titre, pourtant Osaka qui est la troisième ville du Japon et possède une histoire intéressante a des arguments sérieux à faire valoir, à commencer par deux aéroports internationaux. Hé oui, l'aéroport de la belle Kyoto, c'est Osaka.

Namba à 8h du mat, le calme avant la tempete
    Après dire qu'Osaka n'est pas touristique c'est un peu exagéré, pour avoir passé quelques jours à Nagoya où j'ai sans doute reçu le meilleur accueil et n'ai croisé aucun occidental je peux dire que qu'Osaka à coté c'est Paris.

Pause déjeuner, ici la mode semble être à la chemise blanche
 Ōsaka-jō

      Premier contact, il fait très chaud mais ça ne devrait pas durer, un typhon vers Okinawa devrait nous balancer de l'eau pendant quelques jours. Sinon la communication est toujours un peu compliquée et les japonaises toujours aussi élégantes, mais ça il y avait peu de chance que cela change en quelques mois.

Osaka casual, contrairement à chez nous ici les filles n'aiment pas bronzer.
   Quand on arrive à 8h30 en ville et que la chambre n'est prête qu'à 15 heures il faut s'occuper et mettre de coté les envies de douche et de sieste. Du coup direction Osaka-Jo le château qui domine le centre de la ville histoire de killer some time comme disent nos amis anglophones. Le château semble avoir joué un rôle majeur dans l'histoire du Japon parsemées d'Empereurs plus ou moins réformistes, de Shogun sanguinaires et autres Samouraïs en rébellion, mais je n'ai pas eu le courage de m'y replonger.

Les fortifications construites par les Samourais
Château et jardin zen
  La tour du Château se visite et offre une vue en nid d'aigle sur toute la ville. L'intérieur est un musée qui raconte son histoire, de quoi occuper son temps en attendant de rentrer se poser un peu.

Le nord de la ville depuis la tour du Château
Ōsaka-jō
 Namba Dotonbori

   Mais c'est la nuit qu'Osaka prend toute sa dimension, et en particulier dans le quartier de Dotonbori où j'ai posé mes valises, endroit qui nous ramène encore au Shogun qui avait installé là le quartier des plaisirs. Si vous passez une soirée à Osaka, c'est à Dotonbori...

Fin d'après midi à Dotonburi
       L'animation commence en fin d'après midi et se finit tard dans la nuit. Les lumières des panneaux électrique se mêlent aux musiques des enseignes et aux odeurs des restaurants dans un tourbillon qui emporte tout le monde, petite balade en images...
 
Dotonburi la nuit, le crabe mécanique du restaurant Kani Doraku est l'un des symboles du quartier
Les bords du Canal


Les queues se forment devant les bonnes cantines
Spécialité du coin : les Takoyakis, les beignets de poulpes
Bon les beignets de poulpe avec de la sauce caramel c'est... original
Crise avec la Corée du Nord, le Japon sort des missiles anatomiques
L'enseigne avec le coureurs aux bras levés est le symbole de la ville, on vient s'y photographier
Bon ici on peut juste deviner qu'il y a du saké... et peut être des carottes
Ma cantine d'un soir, je suis bien tombé
Ici on a imité le crabe avec un poulpe mécanique mais ça le fait moins
Il se fait tard, mais je ne sais pas si ça arrive ou bien ça part
   Une excellente journée à Osaka, le ville et surtout son quartier sud méritent qu'on s'y arrête un peu, on a d'ailleurs prévu d'y retourner une soirée avec la team qui est arrivée par Tokyo et que je rejoins à Kyoto demain.
 
Shinkansen time, direction Kyoto
Bonne journée

 N.