dimanche 5 mars 2017

Mondial du Tatouage 2017 à la Villette

     "De nos jours, l'originalité, c'est de ne pas être tatoué" parait-il... Si je peux me permettre, je rentre du Mondial du Tatouage et je peux témoigner que j'y ai croisé des originaux de toutes sortes venus célébrer le 10ième art à la Villette.

Mondial du Tatouage 2017
Mondial du Tatouage 2017 à la Villette

     Ce weekend plus de 400 tatoueurs du monde entier sont donc venus investir la Grande Halle de la Villette pour exposer leur création et défendre leur vision de cet art ancestral longtemps synonyme de marginalisation.


   40 pays représentés, c'est autant de cultures et de styles différents qui se sont exposés pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Je craignais que, comme toujours dès qu'un évènement hors norme se monte, tout Paris y débarque et... j'avais raison de me méfier: beaucoup de monde ont répondu présent à l'appel du fameux tatoueur Tin-Tin à l'initiative du salon.

Maré humaine sous la nef
Chaque tatoueurs a son stand ou il peut "opérer"
   Dans une ambiance particulière quelque part entre grande kermesse tribale et hôpital de campagne, des dizaines de milliers de visiteurs, passionnés ou simples curieux comme nous, sont donc venus échapper à pluie glaciale en déambulant quelques heures entre les stands des artistes.

Sur la plupart des stands on tatoue en live
Ambiance Métal
     Le tatouage c'est aussi poser du permanent sur de l'éphémère, mais ici pas de calligraphies "tout est éphémère"  ou encore "Fillon candidat", on est sur des ouvrages larges et complexes, et les "chanceux" qui ont pu prendre rendez vous pour être tatoués en live sont pour beaucoup déjà bien illustrés. 

"Spock à Enterprise: téléportation!"
    Les tatoueurs stars sont Filip Leu, Bill Salmon, Luke Atkinson ou encore Kari Barba, tous inconnus pour les non initiés comme moi. Je connais vaguement Tin-Tin l'une des référence parisienne, et j'étais allé faire un tour chez Abraxas le deuxième incontournable de la scène locale.

Les artistes asiatiques étaient largement représentés
   Je ne suis pas fans des dessins, surtout les larges, mais je  trouve que les tatouages calligraphiés peuvent être très jolis quand ils sont bien trouvés. Une serveuses d'un de mes QG a un "électron libre" tatoué sur le ventre, ca lui va comme un gant.

Elfe des bois ?
    Coté fréquentation on était sur quelque chose de différent des autres évènements pops comme la Comic Con (aussi à la Villette) ou la Japan Expo qui partagent le même socle.

Ca doit être angoissant de voir la place pour s'exprimer qui diminue en peau de chagrin
     Ici les passionnés ne sont pas déguisés l'espace d'un weekend, on est sur quelque chose de permanent donc de moins festif et de moins léger, même si comme souvent sur ces gros évènements la bienveillance prédomine.


Big Lebowski ?
   On sent depuis quelques années que le tatouage devient tendance, il serait temps car l'art du tatouage remonte en fait à la nuit des temps, des momies (et peut être aussi des mamies)  égyptiennes tatouées ont même été retrouvées.


Pigments
     Si à la base le tatouage semble affirmer l'appartenance à un clan (mon grand père maternel, marin corse, s'était tatoué lui même à l'encre de chine..), on voit aussi que dans certaines cultures les tatouages peuvent être religieux, parfois magiques comme en Thaïlande, ou encore peuvent indiquer le status social comme dans les iles du pacifiques.


Facebook time
   Le tatouage est aussi très présent dans le grand banditisme, finalement le tatoo est peut être le seul point commun reliant l'ado rebelle des beaux quartiers, le moine bouddhiste, le légionnaire et le yakuza.


Niko, quel joli nom pour un tatoueur
C'est fini la mode hipster les gars
   Pour la petite histoire et briller à table devant la belle famille le tatouage a été banni en occident par le pape au.. VIII ième siècle, et a disparu pendant de nombreux siècles. Certains sociologues pensent que c'est peut être la raison pour laquelle il a longtemps eu chez nous mauvaise réputation.


La définition de la dignité
  Au final la visite est super intéressante car elle permet de découvrir un monde assez secret et sulfureux. Une immersion dans un écosystème pas facile à décoder, où pour le coup le geek et le bobo laissent un peu la place à un genre très hétéroclite y compris aux niveaux culturel et social, mais qui partage cette même passion du dessin sur la peau.

Une ambiance souvent colorée mais morbide

A l'entrée le petit bracelet qui va vous suivre tout le long de la visite

    Pour les moins, j'aurais espéré plus de choses autour du tatouage (expos, concert, initiation, nourriture, histoire ...) et là le salon était beaucoup trop centré sur le tatouage en live. Espérons plus de diversité lors de la prochaine édition, et un prix d'entrée plus abordable (entre 32 et 60 euros, ca permet de partager un peu la douleur de ceux qui se font tagger ) 

   Bonne soirée

   N.


dimanche 26 février 2017

Astro, le Loft du 34

    Journée difficile pour les supporters de l'OM après une lourde défaite face à Paris, mais on se rappelle que même si Brésil en a pris sept contre l'Allemagne, le Brésil reste le Brésil dans le cœur des amoureux du foot, et l'Allemagne reste l'Allemagne. La journée avait bien mieux commencé avec la découverte d'un lieu atypique et un peu confidentiel comme je les aime: le Loft du 34...

Avec mes super points sur le nez
Astro au Loft du 34

   Bon autant le dire de suite ce Loft du 34 on ne tombe pas dessus par hasard. Niché au cœur du très prisé St Germain des Prés, au fond d'une petite cour sans indication autre qu'une petite affiche indiquant... la mauvaise direction, Le Loft du 34 est un joli duplex transformé en galerie.

Poutres et pierres apparentes
     Pas de site web, très peu d'empreintes numériques sur les sites spécialisés, on peut penser que si les propriétaires ont dans l'idée de tout faire pour rester dans l'ombre et bien le pari est réussi.

Un lieu confidentiel qui a du cachet
    En ce moment le Loft expose Astro, un street artist spécialisé dans les jeux d'ombres, les perspectives et les profondeurs. Le travail du gars est assez bluffant, que ce soit sur les toiles mais surtout comme on peut le voir dans l'expo en milieu urbain, sur d'immenses murs en trompe l'œil.

Ombres et reliefs
   L'expo est gratuite, l'accueil, comme souvent dans les lieux pas encore très connus, est chaleureux. On trouve même des jolies filles qui s'amusent à faire des ombres chinoises devant le film.

Je repère....
et je découpe...
    Cette galerie semble ambitieuse et je pense qu'elle fera bientôt partie des incontournables, un peu dans le sillage de la Manufacture 111 de l'est parisien près de chez moi.

Au fond de la petite cour, le Loft du 34
 Pour tout savoir sur le travail d'Astro c'est ici et ça vaut le coup d'œil, quant à la galerie c'est au 34 (d'où le nom) de la Rue du Dragon.

Bonne soirée.

N.

lundi 20 février 2017

Marseille street art, Cours-Ju

  Si on inventait la machine à géolocaliser qui caricature un peu on trouverait sans doute les bobos parisiens dans le nord, dans l'est, et à Montreuil. Les altermondialistes et les frondeurs aux looks zadistes dans les arrondissements du nord-est, vers la Butte-aux-Cailles, et à Montreuil.

Marseille street art
     Les artistes et les jeunes créateurs plutôt dans le centre, Belleville, Gambetta, autour du canal Saint Martin, et à Montreuil. Pour les musicos on dira Pigalle, le nord parisien, et Montreuil. Les petits restos bios équitables avec des concepts novateurs il y en a pour le coup dans tout Paris, et bien sûr à Montreuil.

Le Cours-Julien, la capitale Marseillaise de la contre culture
    Quant au street art, on a les spots du treizième autour de chinatown, le nord parisien, Belleville.. et, même les moins perspicaces l'auront deviné.. Montreuil. Si Montreuil a un frérot phocéen c'est incontestablement le Cours-Julien tant ces deux lieux sont culturellement, artistiquement et sans doute politiquement proches .

Porte camouflée
Le Cours Julien, capitale de la rupture

   Petit clin d'œil à la rappeuse Keny Arkana, le Cours-Julien est sans doute le temple marseillais de la contre culture. Ancien lieu de vente de gros c'est aujourd'hui un quartier artistique et branché possédant un fort tissu associatif.

Une vraie vie de quartier
     A quelques encablures de la Canebière, sur les hauteurs, le "Montreuil marseillais" est le repère des  artistes au sens large. Du musico en vogue au libraire engagé, en passant par le punk iroquois un peu éméché ou le squatteur sans papier, la cohabitation semble fonctionner, avec parfois quelques dérapages comme on peut en trouver dans tous les quartiers animés (Bastille?)

Moi
     Une myriade d'excellents bars et restos ainsi que des initiatives culturelles engagées attirent bobos et jeunesse dorée, c'est le fameux phénomène de gentrification (à ne jamais prononcer la bouche pleine, ou trop éthéré) cher aux sociologues.

Une excellente adresse, le "tire bouchon"
Bazar
    Mais le Cours-Ju c'est aussi et avant tout le temple du street art marseillais, ici pas un centimètre carré du quartier n'échappe aux graffeurs (avec un 'r'),  petite balade en images...

Un quartier engagé
Devine qui vient diner ce soir...
Un quartier prisé des littéraires
Des regards, des sourires...
des tatoos...
des galleries...
des boutiques trendy...
Des terrasses...
Le Corcovado qui surveille tout cela...
Et des "refaiseurs" de monde...
    Si vous passez par Marseille mettez sans hésiter le Cours Julien à l'agenda, c'est un incontournable au même titre que le Panier ou encore le quartier du Mucem.

Bonne soirée

N.


dimanche 12 février 2017

De la Maison Rouge au Lab14

  "C'est une maison rouge, adossée à la Bastille on y vient à pied nananana ont perdu la clé..." Halala on en a bouffé du "San Francisco" dans les karaokes des early 90th. Entre ceux qui nous torturaient avec leur blues du businessman et les duos sans voix qui montaient au feu bien alcoolisés sur "parole parole", fallait-il que l'on soit maso pour aller supporter ça...

De retour à Paris
    D'aussi loin que je me souvienne le seul grand moment de karaoke que j'ai vécu fut à l'Asgard qui n'était pas la forteresse d'Odin mais un pub irlandais fréquenté entre autres par la communauté française.


"Stroong winds, magic mist... to Asgard the Valkyries flyyy"
   
     Un soir ou le Asgard roupillait un peu trop au gout des serveuses, les deux tigresses ont bondi le comptoir et enflammé la salle en entamant un Build me up d'anthologie qui a dynamité la soirée.

Dans les couloirs de la Maison Rouge, la "Vie des Pauvres"
La Maison Rouge

    Ca faisait un moment que j'avais envie d'y aller à cette Maison Rouge, et je repoussais sans cesse jusqu'à ce que je tombe sur une interview du propriétaire qui annonçait la fermeture pour bientôt. Pas bien compris pourquoi il comptait fermer mais ca m'a donné envie d'aller découvrir cette fondation privée dédiée à l'art contemporain.

Hervé di Rosa, les Arts Modestes
   L'expo du moment était une carte blanche à un peintre français que je ne connaissais absolument pas, Hervé Di Rosa, qui s'est tapé un gros délire en remplissant les nombreux espaces d'objets décalés lui appartenant car c'est avant tout un collectionneur compulsif.

Une dent contre l'art modeste ?
  Le gars semble être un artiste assez complet, à la fois peintre, dessinateur de BD ou encore plasticien. Di Rosa se présente comme le porte drapeau de l'Art Modeste, et j'adore sa définition qui me rappelle un sketch des Inconnus:  "L'art Modeste c'est oune po proche dé l'art popoulaire, dé l'art primitif é dé l'art brout, ma toute en né s'y redouisant pas...". J'ai rajouté l'accent mais même sans c'est compliqué...

Ilahup...
  Au final la balade est sympa, j'ai regardé le programme il semble que la Maison Rouge ne ferme pas avant 2018 (si elle ferme, c'est peut-être un coup de pub déguisé)  les infos ici http://www.lamaisonrouge.org/

La Cartographie des Arts Modestes
D'où le nom...
Le Lab14

   Au Japon où j'ai passé deux merveilleuses semaines la contre culture existe, ne serait ce que dans les styles vestimentaires, les coiffures, ou encore les mangas, mais coté street art je suis resté un peu sur ma faim. Aussi quand on a vu que l'équipe de la Reserve Malakoff avait investi une partie des locaux de la poste de Montparnasse on s'est précipité, et contrairement à ce que j'ai pu lire à droite à gauche le résultat est au rendez vous.

Balade dans le Lab 14
    Le Lab 14 c'est une immersion onirique et colorée, on traverse des mondes déjantés qui diffèrent totalement d'un artiste à l'autre. Le point commun étant le sens du détail omniprésent dans chaque couloir et chaque pièce. Tout comme la Réserve le Lab 14 reste éphémère et fermera ses portes à la fin du mois, petite balade en images, sans trop spoiler..

Le LAB14 c'est un terrain de jeu sur plusieurs niveaux
des photos hunters
du psychédélique
des couloirs sous psychotrope
des extérieurs non épargnés
du fluo
des photos graphées, et plein d'autres choses
et des sonnettes
     Le Lab14 est déjà dans le money time, si vous avez quelques heures allez faire un tour du coté du boulevard Montparnasse, les infos ici http://artana-event.com/lab-14/

Bon dimanche

N.