dimanche 21 juillet 2019

Retour à Paris, le mystérieux Marché des Enfants Rouges

     Fin de l'escapade tourangelle, de retour à Paris nous allons un peu délaisser la carte postale pour replonger dans le Paris underground, direction le Haut-Marais à la découverte du plus vieux marché couvert de la ville, le mystérieux Marché des Enfants Rouges.  

      Entre produits bios et guinguettes branchées, je mets inconditionnellement le lieu à la carte de toute visite de la ville lorsque j'enfile mon uniforme de guide, ambiance "Et avec ceci ?" c'est parti...

Bienvenue aux Enfants Rouges


Direction le Haut-Marais

    
     Pour découvrir le marché il faut s'aventurer dans le Haut-Marais, petit triangle en vogue autour de la rue de Bretagne, qui comme son nom l'indique délimite au nord le quartier historique du Marais

La mystérieuse entrée du Marché
     Le Haut-Marais c'est un peu le fief des "beautiful people". On y croise beaucoup de trentenaires branchés, plutôt aisés, au fait de toutes les nouveautés. Ici on fait tout en trottinette, on a des enfants qui savent également "trottiner" avant de savoir marcher, et qui sont même capables de livrer tout seuls un sac de fringues à l'Emmaus du coin.  

Le plus vieux marché couvert de Paris 
    Ici on aime l'art et l'écologie, on trie vraiment ses déchets (pas juste poubelle ou par la fenêtre), on mange healthy même si on picole comme partout, on s’intéresse à la politique et aux idées progressistes, on est open-mind mais on supporte mal la vulgarité, dont le comble est peut-être de dire à un artiste lors d'un vernissage "j'aime beaucoup ce que vous faites". 

Les guinguettes proposent une cuisine du monde  
     Ici on s'habille causal chic, on peut même porter avec classe des mocassins bleu-pétrole à crampons rouges, que si je les passe moi, j'aurai tellement l'air suspect, qu'à l'heure des arrestations préventives c'est la garde à vue assurée.
  

Le Marché des Enfants Rouges


     Au cœur de ce Haut-Marais on peut donc trouver la pépite, le Marché des Enfants Rouges, le plus vieux marché couvert de Paris, qui exerce depuis le début du 17ème siècle. Retour sur l'époque pour se faire une idée, le pays est encore empêtré dans les guerres de Religion, Henri IV vient d’être assassiné par François Ravaillac, le roi Louis XIII est trop jeune pour gouverner, c'est sa mère Marie de Médicis (petit lien avec l'article précédent sur Léonard) qui assure la régence.

     Je reviendrai à l'occase sur Henri IV, mais je tiens quand même à signaler que contrairement à ce que raconte la légende (et parfois même l'école) il n'a jamais inventé la recette de la poule au pot, il a simplement déclaré qu'il mènerait une politique "de sorte que chaque paysan puisse mettre une poule dans son pot..."

Un des endroits à succès: l'Estaminet 
   Le marché tient ton nom d'un établissement voisin pour orphelins créé un siècle plus tôt par la sœur de François Ier, l'Hospice des Enfants Rouges, lieu où les enfants portaient tous une cape... dont je vous laisse deviner la couleur. La ville est alors en pleine expansion, et il faut bien alimenter en viande et en lait ces nouveaux quartiers.

Et avec ceci ? 
   Le marché va survivre tant bien que mal aux événements qui vont rythmer l'histoire de la ville, mais va risque de disparaître définitivement lorsque le maire de l'arrondissement, qui capte bien l'air du temps, va décider de raser cette halle vieillotte pour en faire un super parking bien bétonné.

 Grosse levée de boucliers des habitants soutenus par des artistes (dont l'incontournable Tavernier), le maire a disparu de la circulation depuis et on ne le regrettera pas. Son successeur, qui espère sans doute s'inscrire dans la durée, va entreprendre de restaurer le lieu, et depuis la réouverture, le marché ne désemplit pas. On vient du monde entier pour se balader dans cet endroit hors du temps (comme on dit dans les reportages télé sur le patrimoine ) et déjeuner dans une des guinguettes branchées, à base de produits frais.



En mode politique engagé, on refait le monde
En mode au calme, on construit la suite
 
En mode food-truck, on a faim bordel ! 

Voyage aux Antilles, Le Corossol    

  
     Comme souvent (pour ne pas dire toujours) j'ai mon QG coup de cœur, et ici c'est le traiteur afro-antillais Corossol qui a retenu toute ma sympathie. Il propose une petite formule à base de cocktails locaux et d’accras ou autres produits du coin, qui termine merveilleusement une balade immersive, autant bien sous la pluie que sous la canicule.

La paillote du Corossol
  L'hiver dernier j'avais demandé à la patronne quand elle prévoyait ouvrir aussi le soir, elle m'avait répondu aux beaux jours. J'avais enchaîné un truc du genre "super, mars, avril ?" et elle m'avait répondu un peu étonnée "et bien aux beaux jours, quand il fera beau". 

La formule magique
   Si vous passez vers République ou dans le Marais, n’hésitez pas à aller découvrir ce mystérieux marché, et goûter à l'une des nombreuses spécialités. Du restaurant marocain au bar à vin, en passant par le comptoir japonais, ce sont plus d'une vingtaine de stands qui vous y attendent, toutes les infos ici.


La nuit tombe sur les Enfants Rouges
  A suivre : que faire à Paris cet été, les expos et autres événements du moment, et peut être même une balade en bateau sur les canaux.


Captain Niko

Bonne fin de weekend

 N. 

samedi 6 juillet 2019

Sur les pas de Da Vinci

     Je vais commencer cet article par une pensée pour Romain, un bon collègue doublé d'un bon camarade, qui a disparu brusquement la semaine dernière. Après le choc vient le temps des réflexions sur la gravité que l'on donne parfois à des choses tellement futiles, auxquelles on surréagit, alors que l'important est ailleurs.
 
Les jardins du Clos Lucé
    Je ferme le ban et retourne à mon escapade du week-end. Je souhaitais colorer mes articles d'un peu plus d'Histoire de France, j'avais un sujet en tête mais je le garde au frais en période de canicule, et je vais donc profiter de ma visite au Clos Lucé pour vous parler un peu de son hôte le plus célèbre: le mystérieux Leonard de Vinci.

    Ambiance "Tiens ils m'ont surnommé Disciplus Simplex au boulot, ça ressemble à du Latin c'est bon signe non ?" c'est parti... 



Le Château du Clos Lucé

Un maître fantasque

    
     Si lors de votre entretien annuel, votre boss (ou N+1, si vous avez déjà atteint le très convoité rang N) vous reproche gentiment de lancer plus de projets que vous ne pouvez décemment en mener, vous pouvez toujours argumenter que c'est bien là votre côté  Leonard de Vinci, côté qu'il faudrait d'ailleurs penser à (re)valoriser à l'occasion.

    En effet, le Maestro acceptait toutes les commandes, en commençait peu, traînait beaucoup, et n'en terminait quasi aucune.
 


Paysage vivant
     Les moines de Santa Maria delle Grazie, qui ont été privés de réfectoire pendant les nombreuses  années au cours desquelles Leonard était censé y peindre La Cène, s'arrachaient le peu de cheveux qu'il leur restait sous la tonsure en voyant le Maître  prendre les pinceaux juste quelques minutes par jour, pour vite retourner à ses occupations favorites, comme observer le vol des oiseaux, ou encore réfléchir à comment faire progresser une armée sous l'eau.
  

 Des débuts compliqués

  
     Allez, on remonte dans le temps jusqu'au milieu du 15ème siècle pour nous retrouver en Toscane,  le berceau de ce qu'on appellera plus tard la Renaissance. Le petit Léonard vient de naître d'une liaison illégitime entre un riche notaire et, sans doute, une jeune paysanne. Le padre ne va pas le reconnaître, encore moins l'élever,  mais comme le jeune Léonard montre vite des facilités dans l'art, le géniteur va le faire entrer dans l'un des tous meilleurs ateliers de Florence pour étudier. Il faut bien imaginer qu'à cette époque à Florence l'art est à tous les coins de rues, c'est à celui qui aura le plus bel hôtel particulier, la plus belle chapelle, et les carnets de commandes ne désemplissent pas.



Au bout du corridor on change d'époque
   Malgré des débuts remarquables, tous les grands projets lui passent sous le nez, avec comme pic de frustration le chantier de la chappelle Sixtine qui va à son grand ennemi Michelangelo. Il finira par se faire remarquer, mais en se faisant attraper à batifoler avec d'autres garçons, ce qui est un crime très grave. L'affaire sera étouffée car il devait y avoir des "fils de" dans le groupe, mais le scandale est là, et il est temps de partir sous d'autres cieux se faire oublier.  


La chambre du Maestro

Sur la route    

     
     A partir de là Leonard ne cessera de voyager, avec son compagnon et son équipage, au grès des désirs de mécènes, pour qui il organisera des fêtes et des spectacles hors normes (le Duc de Milan, Laurent de Medicis ou encore Cesar Borgia pour ne citer qu'eux, ambiance séries Canal+). Car Leonard est avant tout un savant et un ingénieur d'exception, il passe le clair de son temps libre à observer, à modéliser, à innover. Son côté génial, c'est vraiment cet aspect pluridisciplinaire: anatomie, physique, optique, architecture, génie civil et militaire, sans parler des arts et de la philosophie,  Da Vinci est avant-gardiste dans tous les domaines des sciences et des arts.  
 

L'atelier, le modèle sur le Saint Jean Baptise (à droite) est sans doute son apprenti (et probablement amant) Salai
   Il n'est jamais allé à l'école et donc ne lit ni le grec ni le latin, ce qui pour un savant est un frein. Ambidextre, il croque et consigne toutes ses inventions dans ce qui deviendra le codex atlantico, il utilise pour annoter l'écriture spéculaire (écriture inversée, comme dans un miroir). Il ne reste aujourd'hui qu'une petite quinzaine d'oeuvres, dont la Cène, l'Homme de Vitruve, et bien sûr la fameuse Joconde, véritable rock-star du Louvre parisien.
 

Retour dans les jardins

La période Frenchy    

     
     En France à la même époque ça ne rigole pas, on sort d'un Moyen-Age sombre et terriblement compliqué. On se dit qu'il est alors temps d'alléger l'atmosphère et de refaire un peu la déco, en allant s'inspirer chez les voisins transalpins, c'est le début des guerres d'Italie.
 
     Charles VIII, Louis XII et l'incontournable François 1er vont, tour à tour, traverser les Alpes pour faire valoir leurs droits (un peu fumeux) sur les différents royaumes et duchés de la péninsule (1515 c'est... ?).

       Pour une fois que Léonard était sur le point de terminer une oeuvre majeure, le moule d'un cheval colossal pour le Duc de Milan était prêt, il n'y avait plus qu'à couler le plomb... Sauf que tout le plomb disponible a été réquisitionné pour combattre les armées françaises, et "grand cavallo" en argile finira tristement, en servant de cible à des arbalétriers  français qui s'ennuyaient. Quand ça veut pas...
 

Nicholus Magnus, aurait fondé la mystérieuse  Niko Foundation en 1516, de retour de la campagne milanaise.

      "Sans peur et sans reproche" la french team ne fait pas dans la dentelle, Louis XII grand fan de la Cène, aurait proposé d'arracher le mur du couvent et de le ramener en France comme souvenir de voyage. Il a fallu faire preuve de grande diplomatie...
 
      Mais c'est Francois 1er qui va convaincre le Maestro, déjà âgé de 65 ans, d'entrer à son service (en échange d'un très bon salaire) et de venir s'installer à Amboise dans le confortable manoir du Clos Lucé, relié par un tunnel souterrain au Château Royal.
 
     Léonard va se rendre en France en emportant avec lui seulement trois tableaux, dont évidemment la Joconde, dont personne ne sait exactement qui elle représente, mais qui reste le portrait féminin le plus célèbre au monde.
 

Le potager, et au loin le château royal
     Parmi les pistes: Lisa Del Giocondo, l'épouse d'un obscur notable florentin. Peut-être la mère du Maestro, dont il s'est probablement occupé jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Enfin, certains avancent que la Joconde pourrait être un portrait du sulfureux Salai, apprenti et compagnon du Maître, qui était plutôt efféminé. Beaucoup d'incertitudes donc, mais Da Vinci prenait plaisir à entourer sa vie d'un voile secret.
 
     Leonard va travailler comme premier peintre, premier ingénieur ,et premier architecte  du Roi de France ,avant de s'éteindre. Il a sans doute contribué à la folie de Chambord, mais est mort avant le début des travaux.
    

Comme souvent, j'ai effectué des recherches poussées dans les bibliothèques du monde en entier

    Au final une chouette escapade au coeur de la belle région de Tours et de ses fabuleux châteaux. Malgré la canicule les jardins du Clos Lucé restent très agréables, avec partout des références aux oeuvres et inventions du Maestro. Sur Amboise, à l'écart des  restos "rabords du château", une belle découverte pour déjeuner : les Arpents, avec un menu "retour du marché" super sympa et plus qu'abordable.
 
    A suivre: on  va laisser un peu la carte postale, pour retourner dans un Paris plus underground
 
    Bonne soirée, bon weekend
 
     N.
 






vendredi 14 juin 2019

Ourcq Living Colors

    Il s'en est passé des choses depuis mon escapade Laotienne: l'incendie de Notre Dame, et sa question qui brûle (de circonstance) les lèvres des journalistes les mieux entrés dans le 21ième siècle:  la  croix échappant miraculeusement aux flammes est-il un signe divin ?  
 
     Puis il y a eu ces deux touristes kidnappés, libérés, pour être finalement  passés au peloton d'exécution médiatique;  les européennes (et son pompeux "duopole") qui ont fait briller les instituts de sondages pour leur vista; enfin le naufrage de la navette héroïque de la SNSM, acronyme semble t-il imprononçable pour le commun des journalistes, certains terrifiés même à l'idée de faire le lapsus que tout le monde attend : la fameuse navette de la SNCF
  
Adios Stan Lee
     Beaucoup de choses donc, et pendant ce temps j'étais pris dans un tourbillon qui m'a mis en retard dans mes articles. Du coup j'ai pas mal à partager, et on part sans plus tarder, direction la Villette pour la septième édition du festival Ourcq Living Colors sur les bords du canal;.

    Ambiance "Tu le savais toi que graffiti ça vient de l'italien, et donc ça prend pas de 's' au pluriel ?" c'est parti...

La Villette casual

Living Colors, festival Street Art

   
     Le graffiti remonte à la nuit des temps, on peut trouver parait-il, dans les ruines antiques, des tags du style "j'ai fait l'amour ici" (la version politiquement correcte), ou encore "ce mur finira par s'effondrer sous le poids de la bêtise écrite dessus", le tout en bon vieux latin.... Mais l'Art Urbain tel qu'on le définit aujourd'hui est né aux USA dans les années 60 et 70, et a vite gagné l'Europe, en fer de lance de la contre-culture.
 
Living Colors, quartier de La Villette
    Sur Paris, un des spots les plus actifs reste le quartier multi-culturel de la Villette, sur les bords du Canal de l'Ourcq. Et c'est donc ici, sous l'impulsion de Da Cruz un graffeur natif du quartier, que les géants de la discipline se retrouvent tous les ans pour raviver les couleurs, avec des fresques monumentales.
 
Le style azteco-maya-psychadélique de Da Cruz
Living Colors, y a du niveau...
    Les artistes ont deux ou trois jours pour mener à bien leur chantier, sous le regard des mômes du quartier et des appareils photo de toute la bobosphère qui s'est déplacée. Pas le temps de chômer, la e-reputation ça se travaille.
 
     Petite présentation en images de mes préférés de l'édition 2019... 

Quand il y a des pandas, c'est Doudou Style (Jessie, à droite sur son echelle)

Moh Awadu le Ghanéen
Vinie, dont on croise ça et là  sur Paris les métisses avec des mots en guise de cheveux (là c'est les noms des artistes de l'édition 2019)
L'anglais Louis Masai, pour son look à la Pierpoljak
Allez, celui-là vous avez les billes pour le reconnaître (sinon, regardez plus haut)
        Living Colors, c'est le festival par essence qui soigne le vivre ensemble. Le street-art fédère tous les âges, toutes les origines, et tous les milieux socio-cuturels.
 
"Plan tête sans prise de Q", humour et poésie
Je suis épaté par leur capacité à peindre sans aucun recul

Plein la vue malgré le temps maussade

Hommage à l'immense Stan Lee. Dans la pop culture, le street art rejoint les comics ...   

Avec les derniers rayons le festival se termine doucement, next year same place

   Un après midi comme je les aime particulièrement, si vous voulez découvrir ou redécouvrir l'excellent quartier de la Villette, j'ai cru voir sur des panneaux qu'il y avait une fête de quartier là bas ce weekend.
 
    A suivre le confidentiel Marché des Enfants Rouges, la décalée Galerie Sakura, et nous partirons près de la mystérieuse Place des Vosges, sur les traces de l'un des plus grands esprits de la littérature française.
 
Le Marché des Enfants Rouges

   Bon weekend

 
    N.   
 

dimanche 21 avril 2019

Sabaidee Luang Prabang

     We've got a seven-forty-seven coming down in the night, there's no power, no runway lights... 
 
    En l'occurrence ce n'est pas un 747 mais un petit ATR de la Bangkok Air qui vient d'amorcer sa descente sur Luang Prabang; et ce n'est pas la nuit même si, une fois le plafond nuageux traversé, notre avion se retrouve dans un espèce de brouillard anthracite épais, et qui donne une touche un peu fin du monde aux premiers paysages du Laos qui se dessinent sous nos pieds.
 
Sabaidee

     Renseignement pris, ce gros nuage noir est dû à la culture traditionnelle sur brûlis, qui consiste à créer des champs et les fertiliser en mettant le feu à la jungle. Cinq jours dans ce brouillard, on devrait revenir avec, en plus des souvenirs, un bon stock de particules fines si chères à Anne Hidalgo. 

Une arrivée dans la fumée
    Direction l'immigration pour obtenir un "visa on arrival", très rapide à récupérer surtout lorsqu'on arrive depuis la Thailande. Un guichet pour donner son passeport, un autre pour récupérer le visa, puis c'est le passage classique au contrôle des frontières, et 30 minutes après avoir atterri je suis déjà dans un  taxi, direction le centre ville pour retrouver mes amis de Bangkok qui sont arrivés par un autre vol.  

Sabaidee, bienvenue au Laos

Le Laos en deux mots

     
     Le Laos, anciennement pays au million d'éléphants, est un territoire montagneux enclavé, difficile à protéger car il possède des frontières avec tous les autres pays du coin (Cambodge, Vietnam, ThailandeBirmanie et Chine). On peut imaginer les multiples "guerres des voisins" au temps des royaumes Lao, Khmer et Siamois pour ne citer qu'eux. 

Une population très jeune, ici on conduit un scoot avant de savoir marcher
   Au temps des colonies, face à l'immense Empire Britannique (Inde, Birmanie, Malaisie...), au voisin Siamois et aux pirates Chinois qui le menacent, le Laos ne va pas pouvoir faire autrement que d'accepter le protectorat français, et rejoindre la riche Union Indochinoise pendant une cinquantaine d'années (cinquante ans, c'est d'ailleurs le temps que m'a semblé durer le film Indochine avec Catherine Deneuve, je suis sorti de la salle j'avais une grande barbe blanche)

La monnaie c'est le kip, pour convertir c'est facile on divise par 10000: mes 150000 kips valent donc... 15 euros.
     Puis viennent les guerres d'Indochine qui vont aboutir à l'indépendance, et à la création de la République Démocratique Populaire du Laos, aujourd'hui un pays communiste d'environ 7 millions d'habitants, dont la capitale administrative est Vientiane, et la capitale culturelle la belle Luang Prabang où je vais séjourner.   

Cocktail et humour

Luang Prabang, la capitale culturelle

     
     Capitale culturelle et spirituelle du pays avec tous ses temples, Luang Prabang est un gros village sur le Mekong qui a gardé beaucoup de traces de son histoire coloniale, dans l'architecture mais pas que, puisqu'ici on mange des croissants, des sandwichs, on comprend un peu le français... D'ailleurs on a pu rencontrer quelques saisonniers frenchys dans les différents établissements qui bordent la rue principale. Un certain nombre de jolies maisons traditionnelles en bois  se sont reconverties en "guest house" de charme, il est facile de se loger et il y'en a pour tous les budgets. 

Sabaidee, la belle Luang Prabang
     Quand vous connaissez un peu la thaïlande vous n'êtes pas dépaysé, les deux pays sont très proches. D'ailleurs ici tout le monde parle thaï, les langues ne sont pas si éloignées : sawadee en thaï et  sabaïdee en lao pour dire bonjour, khop khoun en thai et khop tchai en lao pour dire merci. Le thai est peut-être plus mélodieux car les femmes utilisent énormément dans leurs phrases le mot kha (khap pour les hommes), qui rend les choses plus polies, et qui est très chantant. Meme par sms vous pouvez recevoir un "Ok kha" pour rendre le "d'accord" plus poli.  

Luang Prabang, le poids des traditions
     Mes amis thaïs m'avait dit qu'ici il ne faut pas être pressé, c'est ambiance sabaï-sabaï, c'est à dire ultra cool, on risque pas le burnout. Mais ce n'est pas ce que j'ai ressenti: je les ai trouvé plutôt efficaces et réactifs (par contre en Thailande il m'est arrivé de vivre des expériences assez stratosphériques). 

Luang Prabang haut lieu du bouddhisme

    Coté population c'est super jeune, les gens sont polis et souriants, peut être un peu moins excentriques qu'en Thaïlande
 
    Pas d'insécurité, les gens se respectent, il y a un vivre ensemble.

Une population jeune


On a pas l'habitude, en tant qu'occidental, de voir des enfants bosser pour aider leurs parents dans leur business
     Coté cuisine on reste encore assez proche de la Thaïlande, avec une offre large et variée, qui va des baraques street food aux restos branchés. 

Les baraques street food

Les restos locaux
   L'ordre de prix est de 2 euros coté street food, 5 euros pour un resto local, entre 10 et 20 euros pour un restau "haut de gamme".  

Restau fancy
   Coté météo on pouvait espérer échapper un peu à la fournaise de Bangkok, et bien c'est loupé, malgré les montagnes ici aussi il fait très chaud. Aussi c'est toute une stratégie de gestion des fringues qu'il faut mettre en place, et de toutes façons vous êtes trempé de sueur après avoir marché deux cent mètres.
 

    Contrairement à ce que je pensais, les locaux souffrent aussi de la chaleur. Il y a toujours un "boui-boui" pour se poser et se refaire une santé.   

Pause noix de coco fraiche pour combattre la chaleur 
   C'est parti pour quatre jours de balade, dans et autour de la jolie Luang Prabang


Jour 1 - Exploration du Mekong

    
     C'est la deuxième fois que j'ai l'occasion de me balader sur le fleuve mythique, la première fois c'était il y a quelques années, au départ de Chiang Rai au nord de la Thailande, et on était allé à l'époque sur des îles qu'aucun pays ne revendiquent, des îles "no mans land". Avec le recul c'était une idée un peu foireuse, avec trois israéliens nous nous étions fait confisquer nos passeports quelques heures, et nous avions été soulagé de les récupérer à notre retour.  
 
     Cette fois direction le nord et la caverne aux milles bouddhas. 

Le smoke haze des brûlis ajoute une touche drama sur le Mekong

Le long du fleuve, des petits villages

Les habitants du Mekong

Pourquoi pas vert, c'est bien vert
     Trente cinq kilomètres au en amont de la ville on peut trouver tham pak ou, la caverne aux milles bouddhas, lieu de pèlerinage pour les bouddhistes. 

Accostage aux grottes

Tham Pak Ou
     Après quelques heures de balades sur le Mekong, retour en ville et direction le night market pour acheter quelques fringues, car avec la chaleur il faut se changer au moins deux fois par jour.  

Night market

Night market, street food


Une bonne première journée

Jour 2 - La vieille ville et le Tak Bat

      
     Elle est belle cette vieille ville, si belle que l'Unesco l'a inscrite dans la liste du patrimoine mondial. L'héritage colonial se marie a l'architecture locale et aux dizaines de temples.
 
       Si vous voulez assister à spectacle assez original alors il faut mettre son réveil tôt. Tous les matins, dès 5 heures, les moines sortent des temples au son des tambours, et sillonnent la ville pour recevoir les offrandes, c'est le Tak Bat. 


Le Tak Bat

 
     Dans la vieille ville les touristes, majoritairement chinois, se mêlent au jeu, ce qui a tendance un peu à dénaturer la chose. A 6 heures il est déjà trop tard, les rues sont vides, assister au Tak Bat ça se mérite. 

Le calme de la vieille ville, et toujours le smoke haze qui rappelle la place de la République un samedi de manif

Et des petites ruelles adjacentes
    Une des stars de la ville est indiscutablement le pont de bambou qui enjambe la Nom Khan. Ce pont est emporté par les crues à la saison des pluies, et reconstruit tous les ans à la saison sèche. 

Le pont sur la Nom Khan

La traversée coûte cinquante centimes d'euro aux farangs, somme qui sert à la reconstruction.
    Et puis il y a les temples et les monastères qui font de la ville un haut lieu du bouddhisme.   

Soigner son karma

Vat Xieng Thong, le joyau de la ville

Meditation

After dark

Jour 3 - la Songkran

     
     Mi-avril en Asie c'est la Songkran, le nouvel an bouddhique. Et pour fêter la nouvelle année les gens s'arrosent avec de l'eau, ce qui au fil des ans a dérivé vers une grande bataille d'eau à ciel ouvert.  

Fight !!
    Si la ville où la bataille fait le plus rage reste Chiang Mai (mon vieux reflex a survécu à trois campagnes là-bas), Luang Prabang est en train de prendre la même direction.  

Water Party

Les farangs ne se font pas prier
   Avec mon reflex flambant neuf je ne me suis pas approché des spots trop agités. On a pu remarquer avec mes amis que pendant la water party ça picole énormément, y compris chez les très jeunes. Je déconseille d'y assister avec des enfants, on a vu des accidents, pas facile de maîtriser son scoot quand on vient de prendre un seau d'eau en pleine figure. 

Ambiance bon enfant
    La Songkran se termine par une grande parade dans la ville, avec en guest star non pas une sommité religieuse, mais la jolie Miss Laos 

Les moines sont bien sûr de la partie
Départ de la parade

Des jolies couleurs

Des effets spéciaux

Les nombreux spectateurs arrosent copieusement le défilé


Miss Laos sur son char
     Une jolie parade, pas encore du niveau de celle de Chiang Mai, mais d'ici quelques années...
 
     En Lao, on dira donc Sabaidee Pi Mai 2562 !


 Jour 4 - les chutes Kuang Si

     
     Pour finir en beauté nous sommes aller visiter les cascades de Kuang Si situées à une petite heure de la ville. Ces cascades sont très prisées des laotiens qui viennent y pique-niquer en famille, il faut donc y arriver très tôt pour pouvoir apprécier le lieu au calme. 

En arrivant à l'aube on peut profiter pleinement

Tad Kuang Si
    On peut remonter les chutes jusqu'au point le plus impressionant. 

A ne pas manquer
   Vers 9h du matin les chutes commencent déjà à se peupler, il est temps de laisser la place.  

Dans une heure le lieu sera blindé

Une belle découverte

    
     Une belle découverte que cette vieille ville de Luang Prabang et ses habitants. Si vous souhaitez aller la saluer c'est le moment ou jamais: aujourd'hui la ville n'est pas super accessible (quelques vols depuis les pays voisins) donc elle est préservée du tourisme de masse, mais d'ici deux ans une autoroute la reliera à la Chine en quelques heures, ça va déferler...  

Bye Bye Luang Prabang et sa cool attitude
    Dernier jour, direction le petit aéroport à quelques minutes du centre ville, avec comme en Thailande les moines en priorité pour l'embarquement.
 
Who's the boss?

    L'ATR de la Bangkok Air va me ramener sur Bangkok, puis ce sera le gros départ pour Paris à bord de la bête, où je vais pouvoir refaire mon retard en matière de cinéma.

     J'ai pu voir deux pépites pendant le vol: l'engagé THUG (The Hate U Give), et le feel good movie Green Book.
 

ATR pour Bangkok



Boarding A380 pour Paris via Dubai
See you soon la Thai team
    Khop Tchai

    Khun N.